Bertrade de Montfort

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Comment une jeune orpheline intrigante, Bertrade de Montfort, va devenir Reine de France

Vaudeville de la fin du 11ème siècle inspiré de l’Histoire de France.

Les personnages

Le mari

Foulque IV le réchin (48 ans), Comte d’Anjou, avait déjà eu quatre épouses. Veuf en premières noces d’Hildegarde de Beaugency, il s’était débarrassé des trois  suivantes une fois lassé, Ermengarde de Bourbon et Orengarde de Chatelaillon qu’il enferma à Beaumont-les-tours, puis une fille de Gautier 1er de Brienne, toujours pour prétexte de consanguinité.

C’était un homme disgracieux aux mœurs dépravées, laid, infirme, tourmenté par la goutte. Il portait pour cacher la difformité de ses pieds une chaussure à trois pointes qu’il obligea ses vassaux à porter.

Pendant le règne de Foulques le Rechin l’anarchie féodale se développa dans le Comté d’Anjou et les guerres privées eurent libre cours au grand tort des populations. C’est l’époque la plus sombre de la féodalité. La misère était à son comble.

Il  était l’héritier d’une famille sulfureuse qui s’était fait un renom dans la cruauté, les Comtes d’Anjou. Rien à voir avec le futur rejeton local, le bon Roi René qui a passé son temps à dilapider la fortune familiale.

Pensez donc :

Déjà, son grand père, Foulques Nerra, mystique et barbare, avait fait la une de la presse people de l’époque en se faisant fouetter nu à coup de verges par ses serviteurs, couché sur une claie, dans les rues de Jérusalem pour expier ses fautes. C’est  le même qui fit bruler vive sa femme Elisabeth sur la place d’Angers sous les yeux horrifiés du peuple parce qu’elle avait accouché d’une fille.

L’épouse

Bertrade de Montfort, (19 ans) (1070-1117) était une jeune orpheline très belle, fille de Simon de Montfort et d’Agnès d’Evreux. Elle était  issue de la famille de Simon IV, celui qui s’illustra dans la croisade contre les albigeois ou encore de Simon de Montfort, comte de Leicester, qui fut un véritable dictateur en Angleterre.

Foulques avait exigé sa main de son tuteur, le Comte Guillaume d’Evreux, en remerciement d’avoir aidé le Comte de Normandie Robert Courteheuse,  Suzerain du Comte d’Evreux, à mater les habitants du Mans. La famille de Bertrade et elle se refusaient à cette union, mais le Duc de Normandie se fit très pressant et le comte d’Anjou était aussi puissant que le roi de France.

Bertrade ne s’accoutuma point aux difficiles devoirs de sa nouvelle position. Les chroniques nous disent que Bertrade refuse à son mari sa couche et que Foulques, en admiration devant la beauté de sa femme, reste assis au pied de son lit à la contempler. Etonnant vu le caractère du marié.

Toutefois, ce qui donne à sujétion sur cette chronique, un fils Foulques nait en 1092.

Confiante dans sa beauté et dans les ressources de son habileté, elle prépare un remède à ses malheurs. Elle était comtesse d’Anjou, elle voulait devenir reine de France ;

Ecoutez ce que disaient d’elle des prélats de l’époque :

Suger, l’abbé de Saint-Denis : « C’est une femme remplie d’agréments et consommée dans l’art de ces admirables artifices naturels à son sexe, à l’aide desquels les femmes les plus hardies mettent sous leurs pieds des maris qu’elles ont accablés d’outrages et qui sont fascinés par ces enchantements ».

Et Yves de Chartres : « C’est une nouvelle Jézabel qui désire renverser les autels et tuer les prophètes ».

Elle est généralement décrite comme une femme belle et envoutante, mais d’une beauté maléfique.

L’Amant

Philippe, (40 ans) (1052-1108) s’ennuie fermement sur le trône d’un tout petit royaume de France dont ses vassaux sont plus riches et puissants que lui.

Philippe Ier était le prince de son temps le mieux fait, de la taille la plus majestueuse et de l’extérieur le plus séduisant. L’histoire lui donne aussi toutes les grâces de l’esprit et du caractère, et l’on ne peut nier qu’il n’ait été un des plus habiles politiques qui ont occupé le trône de France. Sous lui, la ville de Bourges, le comté de Vexin et le Gâtinais furent réunis à la couronne. Il sut profiter de toutes les circonstances pour augmenter sa puissance et ses richesses.

L’amour fait irruption dans l’histoire de France quand le roi Philippe 1er rencontre la très belle Bertrade de Montfort à Tours en Mai 1092.

Le coup de foudre est immédiat et réciproque.

Avec ce coup de foudre imprévu, va débuter un étonnant feuilleton à multiple rebondissements qui va affoler le pays et plonger le royaume et  le pape Urbain II dans l’embarras.

Et alors ?

Laissez le guide du Manoir de Clairefontaine vous raconter la suite…